Body positive vs fat positive

Body positive vs fat positive …

Les réflexions sur la réappropriation de nos corps, sur la célébration de leurs beautés, le rejet des injonctions normatives patriarcales… ne datent pas d’aujourd’hui !
Mais grâce aux réseaux sociaux, des personnes se mobilisent pour faire entendre leur voix et créer des espaces « safe » afin que les personnes qui ne se reconnaissent pas dans les normes: minces, jeunes, valides, blanches, cis-hétéro… puissent renouer le dialogue avec leur enveloppe corporelle, prendre conscience de leur beauté et penser leur émancipation dans un monde qui les oppresse.
Dans les années 60, la « Fat-positivy » naît aux USA et dénonce la grossophobie de la société en critiquant ses structures oppressives. Ce mouvement se poursuit aujourd’hui et se développe dans d’autres pays notamment européens. Le courant body positive est issu de cette mobilisation.
Dans les années 90, des américaines développent une multitude d’actions qu’elles réclament du « body positive » afin de permettre une meilleure acceptation de son corps et de lutter contre les injonctions négatives et les stéréotypes liés, entre autres, à la minceur.
De nombreux débats font rage actuellement concernant les « doctrines » Body positive vs Fat positivecertain.e.s disent que le mouvement Body positive est plus inclusif et bienveillant que le Fat positive. À toi de te faire ton propre avis.
Comme certain.e.s militant.e.s, nous pensons qu’un combat n’exclut pas l’autre et que l’on peut se battre à la fois contre la grossophobie et les autres injonctions faites à nos corps (validisme, cishétéronormativité, âgisme, racisme)  par cette société capitaliste et patriarcale.
Déjà ans les années 90, aux USA, des lesbiennes créent des fanzines dédiés à exploser la Fat Phobia. Tu peux te balader sur la banque de données de Queer Zine Archive Projet QZAP.
Et bien avant, dans les années 70, les groupes féministes lesbiens s’attaquent à rendre visible les mécanismes patriarcaux de hiérarchisation et d’exclusion des corps hors de la norme imposée.
Bref, une constellation passionnante d’initiatives à découvrir.
En France à la fin des années 80, AllegroFortissimo, une association plutôt straight se créait, et continue aujourd’hui de proposer ateliers, rencontres conviviales mais aussi mobilisations et actions de lobbying.
Dans les années 90 surtout aux Etats-Unis, la mouvance Body positive visibilise la diversité des corps, combat les idées reçues concernant la santé des personnes obèses ou en surpoids.
Maintenant des européennes, dont certaines se revendiquent de ces mouvements, témoignent sur leur chaine youtube afin de créer des espaces de soutien et de solidarité (voir par exemple le témoignage d’Emma une jeune lesbienne qui témoigne sur Cher corps.
Il y a aussi : Gras Politique (et ici aussi) qui « lutte radicalement contre les oppressions grossophobes systémiques », en organisant des cours de Yoga dédiés aux personnes hors de la norme corporelle, ou encore en mettant en place une liste de médecins « safe » ou à fuir, vis-à-vis de la grossophobie médicale largement subie par les personnes grosses de la part du corps médical.
Aujourd’hui, grâce à l’avènement des réseaux sociaux, ce sont plutôt des voix individuelles qui s’élèvent sur le net, des fanzines et des performances et créent une communauté d’actrices passionnées.
Ainsi la fem bruxelloise Cathou et son tumblr  où ses poèmes alternent avec des superbes photos (d’icônes comme Beth Ditto mais aussi de personnes trans à découvrir…). Elle propose aussi des fanzines (« Grosse et fière »,« Grossophobie ») qu’on peut lui commander !
Et il y a Olga et son utOptimiste qui nous parle de body postivity, de féminisme et de luttes queer,  qui diffuse de merveilleuses et inspirantes images ainsi que de précieuses ressources en matière d’activisme fat et body positiv 
Et pour bouger nos corps, nous pouvons suivre l’activiste « body liberation » américaine BevinBranlandingham et sa « FatKid dance Party » , qui est un cours de « fitness » bienveillant, inclusif et festif, loin du culte de la performance et de la minceur des salles de sport habituelles mais aussi http://queerfatfemme.tumblr.co.
Alors à chacun.e de faire son cocktail de réflexion : une dose de Body positive, un soupçon de Fat positive et une bonne dose d’énergie féministe queer ou l’inverse ou encore un autre mystérieux dosage … Bref à chacun.e de chercher et de tester sa recette de réappropriation de son propre corps et de la partager avec les autres pour continuer de répandre nos réflexions et nos envies de corps-nous-mêmes (un clin d’œil à nos ainées des années 70) !
Quelques pistes de lecture pour continuer de se faire sa propre idée :
Et quand d’autres personnes témoignent de leur vécu ça nous donne de la force et une meilleure connaissance d’autres réalités :
Les vidéos Vivre avec  
https://herminesed.wordpress.com/

D’autres choisissent la peinture comme Cocopirate (programmée en 2017 par Frisse à Lyon) ou la vidéo pour s’exprimer et se rendre visible en brisant les injonctions au validisme, comme Laurence et Hélène* invitées par Frisse lors de la quinzaine des fiertés en 2017 à Lyon.
*Cerveaux mouillés d’orages, réalisé par Karine Lhémon son premier long métrage documentaire. L’histoire de Laurence et Hélène, un couple en situation de handicap.